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La dépendance au jeu et l’industrie du casino en Russie



La dépendance au jeu et l’industrie du casino en Russie

La dépendance au jeu des Russes modestes est-elle un fléau social ? Pour Lavrenty Goubine, attaché de presse de Storm International, il s’agit plutôt d’un phénomène exagéré par « une campagne de presse » orchestrée par des politiciens jouant les vertueux.

Des exemples de joueurs accros au jeu

Depuis 15 ans, Alexei souffre d’addiction au jeu. Rencontré dans l’un de ces nombreux tripots ouvert à toute heure du jour ou de la nuit, il raconte : « Je ne sais pas combien je dépense. Mais au moins, je ne bois pas mon argent ». Près de lui, le gérant de l’établissement semble satisfait. Il pense d’ailleurs ajouter une seconde salle qui accueillera une vingtaine de machines à sous supplémentaires. Dans le hall de la gare de Kazan, les slots ne manquent pas. Un chauffeur de taxi tatare, Richat, joue tous les jours, depuis 2 années. « J’aurais déjà pu m'acheter une nouvelle voiture pour remplacer ma vieille Volga avec ce que j'ai perdu », regrette-t-il. Heureusement pour sa famille, sa femme le surveille pour qu’il ne mise pas l’intégralité de son salaire mensuel qui s’élève à 1 000 dollars. Pour jouer, Richat emprunte de l’argent à ces amis.

Un business à la recherche de respectabilité

Storm International est une entreprise au capital peu transparent. Gérée par un Anglais, elle dirige 5 casinos de renom à Moscou. Son attaché de presse enrobe de respectabilité le business de la société qui l’emploie : « Nous avons fait une campagne sur le jeu responsable. Nos établissements sont interdits aux moins de 21 ans et nous allons mettre en place un numéro Vert pour les joueurs dépendants ».

Les nouvelle mesure envisagée par le gouvernement

Le gouvernement envisage actuellement de multiplié par 2 les impôts pour ce type d’établissement. Lavrenty Goubine ne semble pas réfractaire à l’idée. Près de 5 millions de dollars annuels pourrait être ainsi empochés par l’Etat estime le député Medinsky. Ce dernier souhaite aussi augmenter le prix de la licence. Elle passerait de quelques dizaine d’euros, à 1 million, voire 5 millions d’euros. Cette élévation permettrait de supprimer 90 % des petites entreprises.

La présentation d’un casino russe

Cette évolution législative n’inquiète pas, non plus, le groupe Storm International. Son plus important casino, le Shangri La, trône sur la place Pouchkine. Pour y accéder, les joueurs doivent débourser 200 dollars de droit d’entrée. La clientèle est composée principalement de politiques et d’homme d’affaires. Ils viennent jouer aux 220 machines à sous et aux 49 tables de jeu proposées. Le tennisman Evgueni Kafelnikov est un habitué des lieux. Il s’y adonne au Poker. Le glamour du casino de la Société des bains de Mer de Monaco n’est pas la norme ici. L’établissement mise plutôt sur le clinquant des temples du jeu du Strip de Las Vegas. Les serveuses en jupe courtes à paillettes déambulent sous les écrans qui diffusent des clips. Les clients ne sont pas obligés d’avoir une tenue correcte. Ainsi, le costume cravate n’est pas de rigueur.

Un projet de loi constamment repoussé

Les casinos du type du Shangri La, Medinsky souhaite les éloigner de la ville, en les repoussant en lointaine banlieue. « Ils seront plus faciles à contrôler ». Toutefois, les inquiétudes du député ne sont pas partagées. L’examen du projet de loi a déjà été repoussé 25 fois. « Il touche à des intérêts importants », pense Medinsky. « Je connais au moins deux députés qui auraient des intérêts directs dans des casinos ».

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